Il s’agit pour nous de proposer un espace, parmi d’autres, où puissent se rencontrer les Martiniquais et Martiniquaises qui estiment que nous ne trouverons la bonne marche à suivre pour la construction de notre avenir, qu’à travers la confrontation sereine, sur la base d’un respect mutuel intégral, de leur vision de la réalité, de leurs analyses et de leurs propositions pour aller de l’avant.
INTERVENTION DE PRESENTATION
ROBERT SAE
Ancien Porte – Parole du CNCP
Quand les autorités de l’autre bord s’invitent quelques jours sous notre soleil, elles ne manquent pas de réunir tout ce que le pays compte de décideurs économiques, politiques ou administratifs. Généralement, l’appel est entendu et jamais personne ne trouve à redire au fait que tous se retrouvent côte à côte. On se presse, à la Préfecture, à Madiana ou ailleurs, pour écouter les orientations et mesures censées porter réponse à nos problèmes. On exprime ses inquiétudes et ses doléances ; bien sûr, on applaudit ou on dénonce suivant son bord politique. Et puis, le cérémonial fini, chacun va retrouver son quotidien fait d’incertitudes, de crise et de lutte.
Il ne s’agit pas, ici, de critiquer la participation à ces rencontres. Celles-ci sont inhérentes au fonctionnement des institutions actuelles. Mais, tout de même, ne serait-il pas temps que, sans attendre ce rituel, à des moments choisis par nous-mêmes, nous nous retrouvions pour envisager collectivement les orientations et mesures qui, de notre point de vue, feraient avancer notre pays ? C’est seulement pour écouter l’autre que nous devrions accepter de nous assoir l’un à côté de l’autre. Nous ne sommes certainement pas les seuls à refuser une telle perspective.
C’est ce qui nous a amenés, à constituer le cercle « kolé têt kolé zépol ». Ce cercle a pour objectif de promouvoir la réflexion et l’engagement collectifs au service de notre pays. Précisons immédiatement qu’il n’a aucune vocation à constituer un front d’organisations. Ce n’est pas non plus une organisation politique de plus. Notre petit pays possède déjà suffisamment de partis appelant les Martiniquais à se rallier à leur panache noir. Il s’agit pour nous de proposer un espace, parmi d’autres, où puissent se rencontrer les Martiniquais et Martiniquaises qui estiment que nous ne trouverons la bonne marche à suivre pour la construction de notre avenir, qu’à travers la confrontation sereine, sur la base d’un respect mutuel intégral, de leur vision de la réalité, de leurs analyses et de leurs propositions pour aller de l’avant.
Nous souhaitons que ce colloque soit une illustration des pratiques que nous entendons proposer. Aujourd’hui, il s’agit pour nous, de réfléchir ensemble sur le thème « Pouvoir et démocratie ». Nous sommes convaincus que nombreux sont nos compatriotes qui, au-delà des positionnements divergents, voire antagoniques, se posent les mêmes questions :
Comment agir plus efficacement sur l’économie et, plus globalement, sur la société ? Pouvons-nous accéder aux leviers du Pouvoir véritable ? Le peuple, à travers ses élus, exerce-t-il réellement sa souveraineté ? Comment faire en sorte que l’intérêt du plus grand nombre, et particulièrement celui des couches populaires, soient réellement défendus ? Autant de questions dont chacun admettra volontiers le caractère essentiel. Les réponses les plus efficientes n’y seront portées qu’au prix d’une dynamique de réflexion collective.
Vous aurez noté que, dans le programme des travaux, nous avons substitué le mot « échanges » au mot «débats ». Nous savons tous que dans ce genre d’assemblée les « konba kok » sont généralement improductifs et, dans tous les cas, dévoreurs de temps. Il nous semble plus porteur de permettre que chacun expose son éclairage sur les différents thèmes proposés afin de permettre que tous aient des matériaux pour la réflexion. Après, les occasions ne manqueront pas pour que des synthèses soient élaborées.
Notre démarche veut s’ancrer dans une vraie dynamique de partage. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé très tôt les invitations en demandant à ceux qui souhaitaient porter leur éclairage sur l’un des thèmes de le préciser et de limiter le temps maximum de présentation des contributions à 5 minutes.
La première partie des travaux sera encadrée par Madame Sylvana Rangoly, présidente du Centre Caribéen pour le Développement Durable et Solidaire, à qui je cède immédiatement la parole.
Merci de votre attention.
PARTIS POLITIQUES ET POUVOIR
Alain LIMERY
Directeur de Coopérative agricole, militant du CP de Fort-de-France.
"Partis politiques et pouvoir" . Quel intérêt cela présente-t-il d’aborder cette thématique ? Notre motivation n’est point liée à l’actualité médiatique qui, avec les affaires de valises et de financement occulte de partis politiques en France, interpelle quant aux relations troubles pouvant exister au sommet de la société. Notre préoccupation est davantage de porter un éclairage sur les enjeux fondamentaux du moment.
Quels sont ces enjeux ?
Nous assistons aujourd’hui, à l’échelle planétaire, à de grandes manœuvres visant à renforcer l’aliénation des êtres humains, à les asservir davantage pour perpétuer l’accaparement des richesses par des fractions minoritaires, celles qui exercent la réalité du pouvoir.
Après la chute du camp socialiste, les tenants de la pensée unique avaient garanti que la libre circulation des hommes, des biens et des capitaux ouvraient à la terre entière les portes de l’eldorado. Le réveil est brutal ! En moins de vingt ans, nous avons vu s’amplifier les inégalités, se renforcer les in justices, s’accentuer la précarité, s’étendre la pauvreté et se généraliser les atteintes aux libertés individuelles et collectives ainsi que le piétinement du droit à l’autodétermination des peuples.
Faute d’une fine compréhension des mécanismes qui conditionnent l’accession et le maintien au pouvoir dans toutes ses dimensions, c’est toute l’espèce humaine qui est vouée à la désagrégation.
La première question sur laquelle nous nous pencherons est la suivante : Qui détient réellement le pouvoir ?
Dans le cadre de la lutte contre la crise financière mondiale, on entend les gouvernements, notamment ceux de l’Union Européenne, annoncer des dizaines de plans et mesures, mais on constate que leurs efforts désespérés pour sauver le système restent stériles.
Les diverses institutions politiques aux commandes de la société sont essentiellement des émanations des partis politiques. On peut légitimement, dans ces conditions, se demander, si ces institutions et, donc, les partis politiques qui les contrôlent, ont un réel pouvoir d’action sur l’économie et plus généralement sur la société. Cette question en appelle immédiatement d’autres : Ce qu’il est convenu d’appeler « le marché » obéit-il à des lois incontrôlables ou, sinon, le pouvoir d’orienter celui-ci réside-t-il entre d’autres mains que celles des gouvernements ?
Observons la réalité :
- d’abord sur le plan financier, puisque c’est, actuellement, la préoccupation majeure du système. Dans tous les pays occidentaux, des législations ont été adoptées pour débarrasser les banques centrales du contrôle des Etats, et il n’existe absolument aucune possibilité de s’opposer à la liberté des détenteurs de capitaux de spéculer.
Elargissons notre questionnement à d’autres domaines :
- celui de la santé, par exemple : La puissance financière des laboratoires pharmaceutiques est telle que ce sont eux, en définitive qui décident de la politique sanitaire au niveau mondial. Le gouvernement Etats- Unien est-il en mesure de s’opposer aux laboratoires PFIZER-WYETH qui pèsent 75 milliards de dollars. De quelle marge de manœuvres disposent les gouvernements pour lutter contre la violence et l’insécurité ? On sait la place dans l’économie des multinationales de l’armement qui, par ailleurs, contrôlent les médias, l’industrie du film et de la musique.et l’efficacité des lobbies du secteur qui financent les campagnes politiques.
Force est de constater que le monde a connu une mutation fondamentale en ce qui concerne sa gouvernance.
La souveraineté des Etats et le pouvoir détenu par leurs gouvernements, les compétences détenues par les élus sont, aujourd’hui et pour l’essentiel, passées entre les mains des instances supranationales. La puissance des détenteurs de capitaux est telle qu’elle s’est imposée à toutes les sphères de la société
Cela s’explique par le fait que dans le même temps où la globalisation de l’économie se consolidait sur la planète, le capital financier spéculatif se détachait de l’économie réelle. L’argent étant le moteur premier de l’économie en système capitaliste, seul celui qui le détient peut exercer réellement le pouvoir.
Ainsi, le pouvoir des gouvernements est confisqué mais, plus grave, c’est l’initiative des élus censés incarner la souveraineté populaire, qui est balayée.
C’est Pierre RIMBERT qui, dans un article intitulé « Bâtisseurs de ruines » et paru dans la dernière parution de « Manière de voir », rappelait qu’en Août dernier, la Banque centrale Européenne demandait à Sylvio Berlusconi, comme condition d’une aide à l’Italie, qu’il agisse « par décret à application immédiate et non par projet de loi que le parlement met toujours trop de temps à étudier »
Qui détient la réalité du pouvoir aujourd’hui ? Ce sont des organismes non élus, non soumis à l’autorité des gouvernements, mais qui, au contraire détiennent le pouvoir d’imposer à ceux-ci leurs directives. L’OMC en est la plus évidente illustration.
Nous ne nous attarderons même pas sur les sociétés secrètes internationales qui pilotent les plus grands «décideurs » de la planète. On pense au groupe BIELDERBERG !
Tout ce qui a été dit précédemment nous amène à nous questionner sur les rapports entre Partis politiques et pouvoir.
Peu de gens contestent sérieusement la thèse marxiste qui présente les partis politiques comme des organisations visant à défendre des intérêts de groupes sociaux ou de classes particulières. Si dans le cadre des Etats Nations cette réalité était évidente, l’évolution du système économique dont nous avons parlé plus haut, a forcément bouleversé les donnes. La puissance des maîtres réels de l’économie s’est répercutée sur la vie politique dans son ensemble. Ceux qui détiennent les capitaux
- achètent ou contrôlent les médias (l’exemple de Berlusconi est connu, mais c’est un mouvement général). L’opinion peut ainsi être manipulée sinon conditionnée.
- disposent d’immenses ressources financières obtenues légalement ou pas permettant de fausser les règles du jeu démocratique. (affaire des rétro-commissions)
Au final, les partis, d’instruments d’accession au pouvoir qu’ils étaient, ont de plus en plus de peine à être, volontairement ou pas, autre chose que des outils entre les mains de ceux qui détiennent effectivement le pouvoir.
Une autre dimension mérite d’être abordée. Elle concerne l’évolution interne des partis en tant qu’institution humaine. S’il est vrai que les différents partis sont généralement créés par des groupes d’individus ayant la même perception des réponses à porter face au développement de la cité, que ces réponses sont dictées par leurs intérêts de groupe ou leur situation sociale, il n’est pas moins vrai que tous les partis se présentant au public annonceront des objectifs d’intérêts commun donc pourront être rejoints par des gens aux intentions et intérêts divers, voir contradictoires. Une rapide vérification révélera à coup sûr que, dans la plupart des partis, peu de militants en connaissent vraiment les statuts, le règlement ou le programme précis, ce qui ne les empêche pas de les défendre mordicus.
Et puis il y a une donnée trop souvent sous-estimée : les partis réunissent des individus. Ceux-ci peuvent être convaincus, fidèles, ou au contraire, opportunistes et versatiles. Beaucoup désarçonnent par les changements spectaculaires que peuvent provoquer leur accession au pouvoir ou le changement de leurs conditions de vie !
Voila qui explique que l’homogénéité n’existe pas dans les partis politiques et que tous sont inévitablement secoués par des contradictions qui mènent à des changements d’orientation, à des siyak et autres scissions.
Nous en arrivons à notre conclusion :
La conception actuelle que nous avons des Partis politiques est née en occident. Elle a muri dans un type de société particulier dans un cadre historique donné. Elle ne peut être une réponse universelle et achevée garantissant l’exercice de la démocratie et de la souveraineté populaire.
Les mutations qui affectent la société sont profondes. Les défis sont nouveaux. Il nous appartient de nous interroger sur le profond fossé existant entre la population et les politiques, de tirer toutes les leçons de notre pratique et de repenser des formes nouvelles de structuration et de fonctionnement susceptibles de rassembler tous ceux qui ont réellement à cœur les valeurs de justice sociale, tous ceux qui sont conscient qu’il faut ramer ensemble pour empêcher le bateau de couler et atteindre le port où nous serons en sécurité.
TEMOIGNAGE D’UNE JEUNE
Maïmouna YOKESSA
(Etudiante en Agroalimentaire)
C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accepté d’intervenir dans ce colloque pour porter un témoignage en tant que jeune. Alors comprenez bien que je n’oserais pas prétendre représenter la jeunesse martiniquaise tout entière, non, loin de là, il s’agit simplement du témoignage d’une jeune martiniquaise qui aime son peuple, chéri son pays et qui, à ce titre, observe, s’informe, analyse, discute, prend position et partage ses idées.
C'est également avec une grande fierté que j’annonce, qu’un martiniquais sur 3 à moins de 26 ans. En effet, mesdames et messieurs, nous pouvons nous vanter d’avoir une jeunesse aussi nombreuse que florissante. Nous devons nous en réjouir car cela signifie que notre pays dispose d’une relève conséquente, qui n’est pas des moindres, croyez-moi ! Et en vérité, nous avons besoin de voir se dresser une relève.
En effet, nous sommes tous témoin du fiasco économique, social et politique que vit le monde aujourd’hui. Situation problématique aussi bien à l’échelle internationale qu’à l’échelle locale, qui frappe de plein fouet notre jeunesse. En effet,
- lorsqu’à la précarité économique s’ajoute les diminutions des taux de remboursement des soins médicaux,
- lorsqu’au chômage s’ajoute l’augmentation du coût de la vie,
- lorsqu’à la précarité de l’emploi s’ajoute la mauvaise volonté des profiteurs à embaucher ou même à prendre en stage de jeunes martiniquais,
- lorsqu’à la misère sociale s’ajoute des mesures d’austérité,
- lorsqu’à l’incompréhension du système et à la frustration s’ajoute la répression, pour ne citer que ces exemples,
Cela donne une jeunesse en péril, une jeunesse excédée, un ras-le-bol général qui, malheureusement, a pour conséquences l’oisiveté, la délinquance et la descente dans le vice, la drogue, l’alcool, pour les plus fragiles qui, je le précise, ne représentent qu’une minorité.
Cela donne encore l’émigration des jeunes vers l’Europe ou l’Amérique du Nord principalement, dans un premier temps pour étudier et dans un second temps dans l’espoir de trouver du travail. Il s’agit là d’une fuite des cerveaux, qui entraine une perte de vitalité économique, un défaut de potentiel d’innovation ; qui entraîne aussi, dans la population, une impression générale mais injustifiée, que la jeunesse ne se bat pas, qu’elle est paresseuse.
Cependant, je vous rassure, ne croyez surtout pas que la crise actuelle, aussi dévastatrice soit-elle, soit suffisante pour affaiblir le moral de nos troupes. SA POKO DLO POU MOUYÉ NOU ! Nous sommes en majorité fiers, déterminés à rester debout, à travailler et à nous battre pour assurer un avenir meilleur à notre pays. Néanmoins, aujourd’hui plus que jamais, nous jeunes martiniquais, avons besoin du soutien de nos ainés. Des ainés, qui ont le devoir de nous accompagner, de nous éduquer de nous montrer le chemin de la réussite et de nous préparer une terre fertile pour cultiver notre émancipation et un terrain solide pour bâtir le futur prospère de notre pays. Oui, vous êtes les modèles dont nous avons besoin. Nous souhaitons vivre dans l’entraide de toutes les tranches d’âge, l’écoute, la compréhension et surtout la confiance. La confiance est une condition nécessaire à l’émancipation de notre peuple et à la transmission harmonieuse de nos valeurs. Nous devons pouvoir vous faire confiance et vous devez accepter de nous faire confiance. Il est temps de cesser les commentaires dévalorisant envers les jeunes : « SE JENN ATJELMAN-AN YO PA LE TRAVAY AKO ! LA VI FASIL YO KA CHECHE ! SE FIMEN DROG EPI GOUMEN YO ENMEN! » Les dérèglements existent également dans toutes les tranches d’âge et beaucoup trop nombreux sont ceux qui se plaisent à généraliser et à nous prendre comme boucs émissaires ! ME WI, NOU SE JENN-LAN, NOU NI BON DO ! DEPI AN BAGAY PAKA ALE SE « SE JENN-LAN PASI ! SE JENN-LAN PALA ». Ceux-là ont-ils oublié leur jeune âge ? Aurait-il mieux fait à notre époque actuelle ? Car, ne nous y trompons pas, aujourd’hui, le contexte économique et social rend les conditions de vie bien plus difficiles qu’il y a 30 ans.
Il est évident qu’il ne peut y avoir d’avenir prospère sans une unité profonde de notre peuple. En réalité, c’est à chacun de nous en tant que martiniquais responsable de nous organiser pour faire avancer notre pays. Nous, jeunes responsables, avons le devoir de nous organiser, de préparer, d’assumer et de prendre en main notre futur, celui de notre pays et à travers ce dernier, celui de l’humanité. En outre, pour mener à bien notre mission, nous devons être prêts à faire les sacrifices qui s’imposent, à l’instar de ceux qui ont été fait durant la grève de février-mars 2009. À l’avenir, nous ne devrons pas baisser les bras quelle que soit la difficulté du combat. Car ce sont dans ces moments-là que ressurgissent l’unité et la solidarité d’un peuple. Il s’agit là de luttes et de sacrifices constructifs. Enfin, nous l’aurons bien compris, la jeunesse représente un enjeu considérable pour notre émancipation collective, pour la transmission de nos valeurs, l’affirmation et le rayonnement de notre identité et pour le développement de notre pays. Cependant, ne voyez absolument pas dans mon discours une apologie de la jeunesse. Non, nous avons évidemment le devoir de dénoncer toutes attitudes ou toutes actions néfastes commises par des jeunes. Que soient bannies les fausses solidarités ! Mais tout en condamnant les faux-pas, nous devons nous inscrire dans une démarche d’accompagnement, de respect et de profonde considération envers cette tranche importante de notre peuple, qu’est la jeunesse.
MERCI !
INTERVENTION DE THIERRY JOSEPH-ANGELIQUE
Délégué du Comité Populaire Nord-Atlantique
POUR UNE DEMOCRATIE VERITABLE
Etymologiquement, le mot DEMOCRATIE signifie gouvernement par le peuple. Quand la presse relate les atrocités, réelles ou imaginaires, que vivent de nombreux peuples soumis à des régimes totalitaires, il n’est pas rare d’entendre des gens dire avec soulagement « heureusement qu’il y a la démocratie aux USA et en Europe ! » Ces pays sont effectivement posés en modèle ; ce qui, d’ailleurs, justifie qu’on accepte qu’ils aillent, s’il le faut à coup de bombes à uranium appauvri, « aider » d’autres peuples à se démocratiser. Comme si la démocratie pouvait s’instaurer à coups de bombes et de canons. On voit le résultat des interventions en Iraq, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire ou en Libye !
Nous affirmons dès le départ qu’il ne peut y avoir de démocratie dans un pays si ci celle-ci n’est pas ancrée à sa réalité historique, sociale et culturelle. Nous affirmons d’autre part, que les formes d’institutions proposées comme modèles, aujourd’hui, ne constituent pas des garanties absolues de Démocratie.
D’ailleurs, dans les pays que l’on donne en référence, jamais le peuple n’a été aussi écarté du pouvoir qu’il ne l’est aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle nous estimons que la démocratie véritable reste encore à construire.
Quand on parle de pays démocratiques, on entend généralement, pays où l’on peut s’exprimer librement, circuler librement et désigner ses dirigeants. En réalité, ces droits y restent souvent théoriques et sont rendus caduques par l’absence de moyens économiques et financiers pour les exercer. De notre point de vue, on ne peut qualifier de démocratique un pays où les droits économiques et sociaux ne sont pas effectivement respectés. La démocratie véritable devrait se manifester par la possibilité effective pour chaque personne d’exercer son droit au travail, au logement, à l’alimentation, à la santé, à l’éducation et à la culture. Il ne suffit pas que ces droits soient inscrits dans une constitution pour déclarer qu’un régime est démocratique.
Pour le citoyen, c’est, en premier lieu, la possibilité de travailler qui ouvre l’accès à la liberté. Le droit au travail n’étant pas respecté, les chômeurs ne peuvent bénéficier de la « démocratie ». D’ailleurs, tout ce qui est présenté comme politique d’assistance sociale est souvent un substitut qui confirme l’absence de démocratie. Car précisément, la démocratie ne peut se concevoir sans le partage des richesses. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les pays occidentaux n’ont jamais admis ce partage. La plus-value est considérée d’emblée comme propriété des investisseurs. Ce sont ces derniers qui, pour l’essentiel, décident de la part à concéder aux salariés ou au réinvestissement
Le caractère démocratique d’une société serait-il, alors, garanti par la tenue d’élections ? Des éléments de réponses ont été donnés dans les précédentes interventions ; mais deux exemples contribueront à nous éclairer.
- Dans le système de démocratie représentative de la France, le peuple a voté non au référendum sur la constitution européenne de Maastricht. Le gouvernement, utilisant des moyens détournés, a pourtant pu ratifier celle-ci.
- Le mouvement des indignés qui se propage sur toute la surface du globe confirme que la souveraineté populaire n’est pas traduite dans le modèle représentatif qui domine. Des centaines de milliers de gens, dans tous les pays dits démocratiques, dénoncent les politiques d’austérité imposées par des technocrates. Quand les gouvernements ne les répriment pas, ils restent totalement sourds aux protestations. Ce qui, soit dit en passant, ne les empêche pas de lancer des injonctions aux chefs d’états qui refusent d’écouter leurs populations dans le reste du monde.
Une chose est sure, la conception de la démocratie représentative qui prévaut aujourd’hui est viciée.
On a déjà parlé de l’inégalité entre candidats qui se présentent aux différentes élections en ce qui concerne l’accès aux médias, aux infrastructures et aux financements. On peut ajouter que les élections sont souvent perverties par l’utilisation de sondages truqués ou tronqués.
En dehors de la période des élections, les autorités font semblant de consulter la population sur différents sujets, mais les décisions sont toujours prises unilatéralement dans les administrations si ce n’est dans les couloirs. Et les consultations quant aux questions clés, autodétermination ou autre, sont déniées.
Le principal déni de démocratie réside dans l’absence d’obligation pour les élus de respecter les engagements pris en tant que candidats. Le leader qui change d’orientation a forcément raison du seul fait de son statut de leader. Assez curieusement, on s’efforce de présenter le Venezuela et la Bolivie, qui ont institué les referendums révocatoires, comme des pays antidémocratiques.
De plus en plus, on assiste à une véritable « monarchisation » du pouvoir. Une fois aux commandes, les dits représentants du peuple sont abusivement sacralisés et comblés de privilèges. Leurs proches sont associés au pouvoir. Les « premières dames » interviennent en diplomatie, et les médias nous appellent à nous intéresser au « first dog » de la Maison Blanche !!
La société ne peut plus se satisfaire de cette conception mythique de la démocratie, celle qui est inculquée sur les bancs de l’école, où l’on apprend à admirer le modèle grec : Une démocratie qui excluait les masses de métèques et d’esclaves ! On ne peut se satisfaire non plus des caricatures de démocratie participative consistant à réunir les gens pour entendre leurs doléances, l’air compatissant, pour ensuite mettre en pratique sans le moindre aménagement, les politiques décidées unilatéralement au sommet de la hiérarchie.
Personne ne peut contester l’énorme coupure existant entre, d’une part, la majorité des populations et, d’autre part, les élus et les institutions politiques. Le sentiment de ne pas être entendu en haut lieu, la multiplicité et la médiatisation des différentes affaires sont des éléments qui l’expliquent. Mais, plus fondamentalement, c’est le modèle imposé de démocratie représentative qui montre ses limites parce qu’il ne permet pas de répondre avec justice aux questions de l’exercice du pouvoir.
Les débats qui s’imposent aujourd’hui traduisent bien ces limites.
- A la nécessité de juste représentation des minorités que permettraient les élections avec scrutin à la proportionnelle, on oppose la nécessité de la stabilité portée par le scrutin majoritaire.
- De nombreuses autres questions montrent bien la nécessité de profondes remises en cause :
Nous pensons au statut des élus, à leur contrôle, au cumul des mandats, à la possibilité de votes multiples par un même élu, au retour aux postes de commande d’élus ayant été condamnés pour corruption, etc.
Construire une véritable démocratie demande de repenser les institutions et de garantir réellement l’exercice de la souveraineté populaire. La première exigence est de développer des espaces où les gens débattent en connaissance de cause des sujets qui les concernent et où ils ont le pouvoir de faire des choix appelés à être respectés. La pratique des référendums d’initiative populaire doit devenir autre chose que la recherche d’alibis et se traduire par le contrôle de pouvoirs réels. Les exceptions conférant aux gouvernements des pouvoirs incontrôlés doivent être abolies.
Un exemple : le nucléaire militaire français représente 1/3 du budget de l’éducation nationale, pourtant, il n’est pas discuté à l’Assemblée Nationale sous le prétexte du « Secret défense » ! Toujours concernant le nucléaire, la population n’a pas son mot à dire quant à l’implantation des centrales civiles et quand elle organise des manifestations de protestations civiques, elle est souvent réprimée. Quand on se rappelle les conséquences de l’accident de Tchernobyl – les autorités avaient déclaré, sans rire, que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière - quand on suit ce qui se passe à FUKUSHIMA, on ne peut douter que, les peuples, exerçant leur souveraineté par voie de référendum, feraient des choix totalement différents de ceux des gouvernants, faisant ainsi prévaloir leur sécurité sur les intérêts des lobbies.
En fait, la vraie démocratie ne peut se concevoir sans le pouvoir pour les gens de décider de ce qui concerne leur propre vie, par exemple pour l’aménagement de leur quartier.
Alors, bien sûr pour que cela fonctionne, les « citoyens » doivent, impérativement, disposer d’éléments d’information et de connaissances fiables concernant les sujets sur lesquels ils ont à se prononcer et concernant les domaines dans lesquels ils doivent agir. Ce qui pose la question de l’accès à l’éducation, à l’information et aux connaissances. Et cela c’est une condition fondamentale de l’avènement d’une démocratie véritable.
La Martinique aurait-elle connu le scandale de la CHLORDECONE, si la population, informée de son interdiction en France et des dégâts causés aux USA, avait été consultée par voie référendaire ?
Or, on ne peut nier que l’essentiel des informations et des explications qui sont diffusées dans la société, dans tous les domaines nécessaires à une compréhension scientifique de la politique (Histoire, économie, relations internationales, etc.), sont triées et manipulées par ceux qui sont au service des maîtres du monde. Exemples : les raisons du déficit de la sécurité sociale, les solutions au financement des retraites, les raisons de la pauvreté des pays du tiers-monde, etc. »
Les puissances financières qui contrôlent les médias et se battent pour la marchandisation du savoir, les gouvernements qui veulent une société encadrée, sont loin d’être prêts à accepter que le contenu de l’information et de l’enseignement servent à consolider les bases d’une vraie démocratie.
La deuxième des conditions pour l’impulsion de la vraie démocratie, c’est la mise sur pied de structures fonctionnelles au niveau local et la mise à disposition de logistiques (par exemple en mettant fin au refus de l’accès aux salles publiques pour l’organisation d’activités politiques).
C’est enfin l’association effective des populations aux plans d’action (par exemple en matière de risques majeurs, de sécurité ou de santé.)
A ce niveau, il nous semble intéressant de jeter un regard sur l’expérience des Comités Populaires que nous avions initié dans le cadre du mouvement « ASE PLERE ANNOU LITE ». Ils se voulaient, justement, une alternative par rapport à la conception occidentale des partis politiques. L’idée était de créer des espaces où la population, au-delà des clivages traditionnels, pouvait agir ensemble autour de quatre axes majeurs :
« Unir le peuple », « Préparer la souveraineté », « Commencer à résoudre nos problèmes », « Organiser et soutenir les luttes populaires ». Des objectifs que des gens, que nous disons malintentionnés, présentaient comme du populisme. Nous n’aurons pas le temps ici de tracer un tableau des expériences extraordinaires qui ont pu être menées dans ce cadre là. Mais nous pouvons dire qu’effectivement on a pu voir la population, engagée dans cette dynamique, devenir actrice des avancées, confortant l’idée que la démocratie directe est un atout incontournable pour la résolution des problèmes et pour son émancipation.
Ceci dit, les observateurs attentifs auront noté que depuis quelques temps, le CNCP, qui à l’origine était conçu comme l’expression exécutive de la volonté des comités populaires (rappelons que le sigle signifie Conseil National des Comités Populaires) fonctionne actuellement comme une direction de parti politique traditionnel, remettant objectivement en cause les bases de la démocratie qu’il entendait construire. Le résultat de cette nouvelle orientation est que l’initiative des structures de base s’éteint. Mais nous sommes confiants dans la capacité des militants à ramener le bateau dans la bonne direction, notamment lors de l’assemblée générale des Comités Populaires qui reste l’instance décisive de l’organisation.
Pour ce qui nous concerne, nous restons fidèles à l’idée qu’inféoder le rôle des peuples au pouvoir des représentants est aux antipodes de la démocratie véritable.
Quelles leçons tirer de cette expérience ?
- D’abord, qu’aucune déclaration d’intention, qu’aucun statut ou qu’aucun règlement ne suffisent à garantir le développement d’une ligne démocratique au sein d’une quelconque organisation.
- Deuxièmement que, faute d’une vigilance active quant au respect des orientations politiques, faute d’un processus régulier de contrôle des responsables, les plus riches des initiatives peuvent être chloroformées par la routine.
Sans aucunement remettre en cause le rôle que doivent jouer les « éclaireurs de consciences », d’autres diront les « avant-gardes », nous entendons réaffirmer ici, qu’aucune réponse aux problèmes qui gangrènent la société ne peut être portée en dehors de l’organisation et de l’engagement conscient des peuples.
Enfin, édifier une vraie démocratie demande que soient revisitées les conceptions unilatéralement imposées par une civilisation qui se prétend supérieure, dans le cadre d’une société où les institutions garantissent les intérêts de classes dominantes. Cela demande aussi que nous nous penchions sur les expériences menées par nos aïeux et par les autres peuples du monde.
MESSAGE DE G.CHENE VEAU ET E. ELOIDIN, MILITANTS DE LA SECTION CNCP FRANCE
Camarades et amis.
Les vérités d'hier ne sont pas ou ne sont plus celles d'aujourd'hui. Nos idées et nos certitudes se sont figées dans un passé qui est maintenant révolu. Le monde, lui, a changé et trop souvent nous n’avons pas su appréhender son évolution et nous y adapter.
Cependant, ceux qui souffrent à travers le monde, ceux qui vivent, au jour le jour, les guerres impérialistes ou les guerres civiles, ceux qui meurent de faim à Mogadiscio ou à Paris, ceux qui en ont assez de se dire « POURQUOI ? », Ils ne veulent plus subir mais cherchent à répondre à une question obsédante : « COMMENT S’EN SORTIR ET ÉRADIQUER LE MAL ? »
Que vos travaux soient fructueux et participent à cette grande réponse collective qu’il convient d’apporter.
A 7000 km, vous n’entendrez pas notre voix mais notre pensée traverse allègrement l’océan.
PLIS FÓS !
SYNTHESE DES TRAVAUX
PAR ROBERT SAE
Ancien Porte- Parole du CNCP
Nous arrivons à la dernière étape de notre colloque avec la difficile épreuve de présentation d’une synthèse. J’espère que les travaux nous ont été profitables à tous. Personnellement, j’ai le sentiment qu’ils nous auront permis de faire un pas de plus dans la consolidation de notre cohésion nationale.
D’abord, parce que nous avons pu échanger sereinement nos points de vue. Ensuite, parce que, ce faisant, nous avons pu apprécier les richesses que notre diversité recèle et, aussi, l’importance de croiser les différents éclairages pour parvenir à une analyse juste de notre situation. Malheureusement, les contraintes horaires n’ont pas permis à tous de s’exprimer plus amplement ; cependant, nous sommes persuadés que la dynamique d’échange se poursuivra, notamment à travers la publication des contributions que nous a annoncée Joseph LEVY, le directeur de RFA.
En tout cas, les différentes interventions nous ont porté confirmation d’un fait :
Nous nous rejoignons tous sur un certain nombre d’idées fortes qui justifient la possibilité d’une pratique collective.
La première c’est qu’il y a urgence à porter des solutions pour éviter une débâcle généralisée de notre pays.
&- Faut-il rappeler que les dégâts, causés par la crise économique et financière frappant actuellement le monde, n’en sont qu’à leur début et que les aménagements institutionnels prévus ne nous donneront absolument pas les moyens suffisants pour affronter l’impact qu’auront les politiques d’austérités sur les collectivité locales et les services publics ?
&- Qui peut encore se croire à l’abri des conséquences du dérèglement social et du mal-être généralisé qui frappent notre peuple ? Quelle famille ne compte pas en son sein un proche poussé au désespoir ou à l’autodestruction ? Avant de sévir, le dealer et le racketteur ne demandent pas l’étiquette politique des parents !
&- Cela fait tendance, aujourd’hui, de parler des conséquences du changement climatique et des risques majeurs inhérents à notre pays. Notre engagement pour prévenir ceux-ci est-il à la hauteur des exigences ?
&- Avons-nous tous intégré la donne de la forte probabilité de conflit majeur que font peser sur notre pays, comme sur l’ensemble de la planète, le regain des guerres coloniales et des tensions internationales ?
Entendons-nous bien ; Ce n’est ni pour nous désespérer ni pour nous lamenter que nous évoquons ces sinistres réalités. « ASE PLERE AN NOU LITE ! » reste notre mot d’ordre. Nous voulons dire, au contraire, qu’il est possible de faire face aux périls et qu’il y a urgence à le faire. Il faut impérativement « sortir le nez du guidon » et prendre les commandes du véhicule pour ne pas continuer à foncer dans le mur.
Justement, la deuxième idée forte qui s’est exprimée dans les différentes interventions, c’est l’exigence de l’effort collectif qui, seul, pourra inverser les tendances néfastes.
D’accord ! C’est connu ! Tout le monde appelle à l’unité et au rassemblement et puis dans la réalité, on assiste au triste et quotidien spectacle des affrontements, des déchirements, des discriminations et de l’exclusion ! Les aprioris, les suspicions nous aveuglent. Terrible syndrome de lynch ! Tragique culture de l’autodénigrement ! Comme ils doivent se réjouir tous ceux qui veulent nous diviser pour mieux régner.
Et puis, c’est vrai que sévissent, chez nous comme partout ailleurs, des individus obnubilés par leurs intérêts égoïstes ou leur plan de carrière, tous ceux là qui se laissent engloutir, en même temps que leur éthique et leur humanité, par un égo démesuré.
Mais tout ceci, c’est l’écume qui pollue la surface ; car, quant au fond, les souches de la solidarité sont profondément ancrées dans notre pays
Avons-nous oublié la communion qui avait suivi le crash de la « west Caribean » en 2005? Les retrouvailles de 2009 ne viennent-elles pas régulièrement titiller nos rêves ? Quand allons-nous prendre en compte les tonnes de générosité et d’amour quotidiennement déversés par nos milliers de pompiers, d’infirmières, d’aidants familiaux, par tous ces parents se sacrifiant pour leurs enfants, par ces voisins qui nous assistent lors des accidents ou du décès de nos proches ? Quand allons-nous remercier ces milliers de nos compatriotes anonymes qui se dévouent bénévolement dans les associations sportives, culturelles ou caritatives ? Quand rendrons-nous honneur à ceux des élus, des militants politiques et syndicalistes qui sacrifient leur vie familiale et leurs finances pour aider leur peuple avec, souvent, beaucoup d’ingratitude en retour ?
Et puis, notre quotidien n’est-il pas fait de ces rencontres de foot et de ces koudmen où, la sueur des amis et voisins se mêle, faisant fi des étiquettes PPM, FMP, MIM, RDM, PCM ou PS ; Qui ne saurait témoigner des relations chaleureuses qui peuvent régner, au sein de leur famille, entre tel militant indépendantiste diabolisé et son oncle « fieffé réactionnaire de droite ».
Décidément, il nous faut apprendre à nous regarder tels que nous sommes vraiment et briser les barrières factices ! Nous pouvons et nous devons travailler ensembles pour notre pays et cela, même quand nos propositions sont ou paraissent antagoniques. C’est, d’ailleurs, seulement ainsi que les gens consciemment pervers seront isolés et que le bon grain sera séparé de l’ivraie.
Notre humanité, l’Humanité avec un grand H, ne serait-elle pas grandie de voir, dans un quartier s’assoir côte à côte, avec l’Université Populaire de Prévention des risques animée par Aldéric Marcelin, le conseiller municipal PPM, l’animateur du Comité patriote du MIM, le syndicaliste de la CDMT, et tous les autres, ou plutôt tous les nôtres, unis pour préparer la riposte aux catastrophes prévisibles ? Ne redeviendrions-nous pas modèles et repères pour nos fils et nos filles, si dans nos quartiers, ils nous voyaient unis, au-delà des clivages, travaillant aux réponses alternatives qu’appellent l’économie, l’enseignement ou le retissage du lien social ?
On a souvent parlé de la nécessité de « sanctuariser le port » parce qu’il constituerait « le poumon de l’économie et du développement de notre pays ». Ne serait-il pas plus impérieux encore de sanctuariser tous les espaces qui mettront notre peuple en synergie ?
Concrètement, nous pouvons améliorer la vie de façon significative en multipliant les espaces d’échange pour comprendre et agir ensemble, pour trouver des stratégies et organiser les pratiques alternatives, pour jouer l’émulation et évaluer les progrès. Cela peut se concevoir au niveau de la famille, du quartier, entre amis et au sein des associations. Tous les aspects de la vie peuvent être concernés par un tel engagement, en particulier : l’éducation, l’économie, la cohésion sociale, la protection de l’environnement et la prévention des risques. FOS MATINIK, le FORUM SOLIDARITE MARTINIQUE, que nous a présenté Denise GALLICIA est, selon nous, l’un de ces espaces où nous pouvons consolider notre unité pour la reconstruction.
Plusieurs intervenants ont relevé l’importance de la formation et de l’information dans la construction d’une société émancipée et démocratique.
Il nous semble fondamental de « sanctuariser » également des espaces dédiés à l’information alternative, au débat dépassionné entre ceux qui privilégient l’intérêt supérieur du pays par rapport aux plans de carrière et aux stratégies politiciennes. Les possibilités d’impulser ces espaces sont évidentes.
Alors, au camarade qui s’inquiétait de savoir si ce colloque ne resterait pas un « migannaj pawol» de plus, nous pouvons répondre que cela dépend de chacun d’entre nous qui sommes réunis ici aujourd’hui.
Le cercle KOLE TET KOLE ZEPOL, quant à lui, propose un espace à côté de tous les autres qui veulent ou peuvent exister pour impulser la dynamique salvatrice que nous souhaitons tous.
D’ores et déjà, nous vous annonçons que, lors du prochain colloque que nous organiserons, probablement dans trois mois, nous proposerons à tous de confronter les projets que nous pensons pour la Martinique.
Dans quel type de société voulons-nous vivre ? De quels atouts disposons-nous et quelles contraintes devons-nous surmonter ? Quel profit pouvons-nous tirer des expériences alternatives menées de par le monde ? Quelles pistes emprunter pour l’action dans les différents domaines clés, à savoir l’agriculture, l’éducation, la santé, la prévention des risques, l’impulsion d’une démocratie véritable.
Nous tacherons d’organiser cette prochaine rencontre sur une ou deux journées avec plusieurs ateliers thématiques afin de permettre une plus large expression de tous et d’envisager des perspectives pratiques.
Maintenant, arrive le moment de clore ce premier colloque de « kolé têt kolé zépôl ! » Au nom de l’équipe d’organisation, je renouvelle nos remerciements à tous les participants, aux médiateurs et à tous ceux qui ont contribué à sa réalisation. Vous me permettrez de conclure avec un appel qui me semble plus que jamais d’actualité :
« TOUT PEP-LA SANBLE, NOU KE FE AN PEYI NEF ! »

Un temblor de 4,3 grados en la escala de Richter sacudió la región sur de Haití, aunque hasta el momento no existen reportes de víctimas.
El sismo tuvo su epicentro a unos 60 kilómetros al oeste de la capital, en la localidad de Petit Gonave, informó el diario digital Haití Libre.
Rédigé par : El Caracol del Caribe | 14 novembre 2011 à 20:07
MARTINIQUE ÉCOLOGIE
Dimanche 20 novembre - 10 heures Quartier Tivoli, Fort-de-France.
Discours d’accueil de Yves-André Joseph, Conseiller Général du 9ème canton de Fort-de-France
"Une jeunesse en grande vulnérabilité" Raphaël Confiant - Martinique Écologie
Projection du film " Protection du milieu marin" (18’)
"L’écologie au centre de nos préoccupations. Pourquoi ?" Marie-Line Mouriesse - Secrétaire Générale adjointe Martinique Écologie
Discours de clôture Louis Boutrin - Président Martinique Écologie
Rédigé par : Kanmo Matnik | 16 novembre 2011 à 10:54
Danielle Mitterrand ha muerto la pasada madrugada tras ser hospitalizada el viernes pasado por anemia. Sus últimas horas las ha pasado en el hospital Georges Pompidou de París, según informa France Press. La viuda del histórico líder socialista francés, François Mitterrand, iba a cumplir 87 años dentro de una semana.Danielle Mitterrand forjó su personalidad en la Resistencia Francesa, donde conoció a su marido y adquirió compromiso y unas firmes convicciones de transformación social que le han acompañado hasta el fin de sus días.
Rédigé par : El Caracol del Caribe | 22 novembre 2011 à 15:29
Conferencia Caribeña por Acción Conjunta en defensa de la Soberanía de Haití realizada en Vertieres, Cabo Haitiano, reclamó la salida inmediata de Minustah (Fuerza de ONU para Estabilización de Haití).
Sesenta organizaciones de Haití suscribieron esta declaración junto con otras 20 de Guadalupe, Martinica, Trinidad Tobago, Dominica, Estados Unidos y el Partido Laborista Independiente de Francia.
Rédigé par : El Caracol del Caribe | 22 novembre 2011 à 15:37