"Frantz Fanon et les Antilles"
Un livre de André Lucrèce
"Fanon, au moment où il écrit Peau noire, masques blancs, est dans
une phase pleinement césairienne".
André Lucrèce, Frantz Fanon et les Antilles. L'empreinte d'une pensée
La conscience politique (ou conscience déterminée) c'est, d'après la phénoménologie fanonienne, ce moment où le colonisé prend ensemble la terre et l'histoire, devient acteur et se (re)dresse devant le colon, "s'engage à affronter le risque de l'anéantissement total pour que deux ou trois vérités jettent sur le monde leur essentielle clarté". De Peau noire masques blancs à Les Damnés de la terre, Frantz Fanon avait appelé à l'avènement d'un homme nouveau, maître de son destin d'homme (l'humanité comme devenir humain de l'homme), totalement désaliéné, l'homme libre.
André Lucrèce formule ici l'hypothèse d'un auteur de Peau noire masques blancs éclairé par la poésie césairienne. Cette "filiation intellectuelle" surprend, déroute même. Certes, Frantz Fanon ne pouvait pas ne pas avoir lu Aimé Césaire puisqu'il cite longuement le Cahier d'un retour au pays natal et puisque c'est un extrait du Discours sur le colonialisme qui ouvre Peau noire masques blancs : "Je parle de millions d'hommes à qui l'on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme". Mais cette hypothèse d'une lecture émerveillée, d'une filiation intellectuelle, nous semble inappropriée. André Lucrèce rétablit des petites vérités, Frantz Fanon n'a jamais été l'élève du professeur de philosophie, Aimé Césaire qui, lui même, n'a jamais été professeur de philosophie. Mais le sociologue cherche, tout au long de son récit, à jeter des passerelles entre la pensée politique fanonienne et la poétique nègre césairienne, comme pour les faire circuler bras dessus, bras dessous dans ce faire-société Martinique, sans intérêts propres, fussent-ils encadrés, sans projet politique de construction d'un devenir martiniquais.
Frantz Fanon avait écrit sur la décolonisation, à la lueur des brasiers et le texte fanonien touchait, en plusieurs de ses postulats, aux grandes problématiques postcoloniales. Cette notion postcoloniale gêne parfois, elle souligne la prééminence des références européennes chez Fanon. Frantz Fanon ne pouvait pas ne pas se référer au Discours sur le colonialisme, un texte obligé puisque pamphlétaire, puisqu'écrit par un martiniquais contemporain, Aimé Césaire. Une proximité, disons, culturelle qui, sans doute, avait facilité l'appropriation du texte. Mais le projet fanonien dans Peau noire masques blancs puis dans Les Damnés de la terre, dépasse de très loin et très vite, le pamphlet anticolonialiste d'Aimé Césaire. Ici une solidarité avec des "humanités souffrantes", une contestation bien intégrée dans le discours anticolonialiste des communistes français du milieu du vingtième siècle, puis un nativisme pétrifiant comme utopie refondatrice qui, plus tard, chaque jour avait bien déconstruit le réel martiniquais, une revendication identitaire figée ; là, une construction, un projet historique de renversement d'un ordre colonialiste et pervers, un messianisme révolutionnaire, un projet pour le lumpenprolétariat qui "envahit la ville blanche par les moyens les plus souterrains", une paysannerie qui secoue l'intellectuel colonisé pour faire l'histoire, un questionnement fécond, une contre-violence salutaire, une dynamique politique toujours renouvelée.
Cette idée d'une filiation, fût-elle illégitime ou forcée, démarque la négritude césairienne des deux autres, la senghorienne, une flatteuse esthétique du métissage ; la damassienne indomptée, un chant nègre toukouloukoutoum qui flotte sur la forêt amazonienne. Mais toutes les trois restaient profondément essentialistes, culturalistes, n'envisageant jamais, ou faiblement, le politique. Les formules incisives de Frantz Fanon dans le chapitre 7 et la conclusion de Peau noire masques blancs, ce postulat d'une décolonisation comme d'un phénomène de violence (c'est d'une contre-violence qu'il s'agit), dans Les Damnés de la terre, stigmatisaient cet essentialisme là. Il n'y avait pas de continuité possible de A. Césaire à Frantz Fanon, l'auteur de Les Damnés de la terre avait rejeté en bloc toute démarche essentialiste ; l'identité était déjà, sous la plume de Frantz Fanon, (cette idée qu'on peut lire dans les romans d'un Chester Himes, -The third Generation, Cotton Comes to Harlem, A rage in Harlem, Black on Black- on se construit comme "noir" ou comme "blanc"), une construction individuelle : "il y a ma liberté qui me renvoie à moi-même. Non je n'ai pas le droit d'être un Noir."
1 - Le militant Frantz Fanon.
Le premier chapitre du livre d'André Lucrèce, Frantz Fanon et les Antilles, l'empreinte d'une pensée donne un éclairage inédit sur la jeunesse, bien martiniquaise, de Frantz Fanon. Le sociologue égrène un background fanonien, son enfance vauclinoise, sa fréquentation du Lycée Schœlcher, ses pratiques sportives (même Frantz Fanon n'a pas réussi à échapper au football, Marcel Manville non plus "l'homme passait parfois mais la balle jamais", man te ka ri sa ou tann !), une famille aisée, ses études de médecine, mais André Lucrèce ne nous dit pas vraiment comment ce background a pu forger un tel caractère. Ce besoin de se dépasser, ce coeur de bagarreur (an majò) qui l'amène à quitter l'endormie Martinique et s'engager dans la deuxième grande guerre européenne pour combattre le racisme.
Le livre de André Lucrèce n'est pas une biographie à proprement parler. Il signale et piste un engagement, il recense les faits de vie qui ont permis cette exigence d'engagement mais il aborde également des thématiques propres à Frantz Fanon (la conscience dominée, la dénonciation du racisme, l'aliénation culturelle, etc.) ; les confrontant aux problématiques modernes, il entend rétablir le parcours antillais de Frantz Fanon, quelque part, restituer Frantz Fanon au peuple martiniquais. C'était déjà, je crois, l'objectif du Mémorial Frantz Fanon du 31 Mars au 03 Avril 1982.
Frantz Fanon avait milité pour l'avènement d'un homme nouveau. C'est là le sens de son engagement. Cet homme nouveau devait naître d'un acte de violence (je préfère la notion de contre-violence), la décolonisation. Frantz Fanon a écrit dans Les Damnés de la terre : "La décolonisation est très simplement le remplacement d'une -espèce- d'hommes par une autre -espèce- d'hommes" et aussi : "la -chose- colonisée devient homme dans le processus par lequel il se libère" ; C'est d'une catharsis qu'il s'agit, la violence révolutionnaire purifie chez Frantz Fanon. Cette vision adhère à la philosophie existentielle et renvoie à la problématique moderne de la réflexivité.
Mais le militant Frantz Fanon n'avait pas envisagé la contre-révolution, le retour du même. Le pluriel des masques introduit bien l'idée d'une conscience indignée qui pouvait retomber sous le charme du colon : "nous avons besoin de vous car c'est grâce à vous que nous survivons", une conscience révoltée puis tellement apaisée, jusqu'à reproduire le discours coloriste du colon. Or, dans la Martinique "créole" à faire japper les chiens par l'appendice caudal, il arrive, trop fréquement, que la conscience déterminée (elle avait existé dans la Martinique de la fin du 19° siècle, Septembre 1870, puis réapparu après l'insurrection politique de Décembre 1959) retombe et tourne en rond dans une revendication raciale pathétique ; dans son délire, elle en arrive à citer Frantz Fanon.
2 - La filiation intellectuelle.
Dans le livre d'André Lucrèce, la validation "empirique" de cette hypothèse d'une filiation intellectuelle (de Aimé Césaire à Frantz Fanon) reste floue, insuffisante ; tout au plus un hommage post-mortem et un poème longtemps ruminé. Il n'y a rien dans le parcours ultra-assimilationniste de Aimé Césaire qui sanctionne une reconnaissance de Frantz Fanon comme fils rebelle ou comme opposant généreux. Si la poétique césairienne de la "fierté raciale nègre" avait influencé Frantz Fanon dans Peau noire, masques blancs, alors l'hétérogénéïté de l'oeuvre fanonienne serait démontrée.
Des trois poétiques césairiennes, le poète du Cahier d'un retour au pays natal en solidarité avec toutes les humanités souffrantes:
"je serais un homme-juif
un homme cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture on pouvait à n'importe quel moment le rouer de coups, le tuer..." .
Le poète de Les armes miraculeuses, de Cadastre et de Ferrements avait ruminé, très longtemps, un désir d'ancrage africain, il plongeait dans le grand "trou noir" pour mieux remonter : "c'était le maître... J'entrai.... Je frappai, le sang gicla : c'est le seul baptême dont je me souvienne aujourd'hui." Et les chiens se taisaient, cité par Frantz Fanon dans Peau noire, masques blancs. "Quand le nègre plonge, autrement dit descend, il se produit quelque chose d'extraordinaire" écrit Frantz Fanon. Mais cette plongée dans le néant, cette révolution intérieure, cette conquête ontologique n'est pas l'ascension dans la lutte de libération nationale, n'est pas la "montée en humanité", la décolonisation qui signale une inscription de l'oeuvre de Frantz Fanon dans la critique postcoloniale (c'est dire une critique eurocentrée) est le remplacement d'une "espèce d'homme" par une autre "espèce d'homme", un messianisme optimiste, "les derniers seront les premiers".
Le poète de Moi, Laminaire qui avait voulu s'accrocher au rocher Martinique comme pour vivre pleinement un amour impossible.
"J'habite du basalte non une coulée
mais de la lave le mascaret
qui remonte la valleuse à toute allure
et brûle toutes les mosquées
Je m'accommode de mon mieux de cet avatar
d'une version du paradis absurdement ratée
-c'est bien pire qu'un enfer-"
C'est le poète de Moi, Laminaire peut-être fatigué par l'universel qui avait entendu, furtivement, le message fanonien :
"je t'énonce
Fanon
tu rayes le fer
tu rayes le barreau des prisons
tu rayes le regard des bourreaux
guerrier-silex
vomi
par la gueule du serpent de la mangrove".
C'est Frantz Fanon qui libère Aimé Césaire de la "prison-Martinique", l'insularité pèse lourd, très lourd, dans la poésie césairienne :
"Ici Soleil et Lune
font les deux roues dentées savamment engrenées
d'un Temps à nous moudre féroce
c'est ce mal être
cette fiente
ce sanglot de coraux .....
ce bec de proie rompant la poitrine inhospitalière
cage
et marécage
C'est cet émouchet qui blasonne le ciel de midi de nos cœurs planant
ce rapt
ce sac
ce vrac
cette terre"
Cette idée d'une terre obligée, un lieu de passage ou un lieu d'échouage, une lassitude, un mal-vivre même. Frantz Fanon avait rangé la poésie d'Aimé Césaire dans cette deuxième catégorie dite de la conscience révoltée ou conscience raciale ou culturelle : "dans un deuxième temps le colonisé est ébranlé et décide de se souvenir (...) il se contente de se souvenir" Mais cette conscience raciale qui était allé fouillé dans le passé, (un el dorado africain, les ancêtres égyptiens, pharaons d'aux bords du Nil, Méroé, les sables de Kouch, an-tjou-man-deviran, déterrer les statuettes de la civilisation Nok, Nupe ô tambours djouba et bèlè séculaires) ne suffisait pas, Frantz Fanon avait écrit dans la conclusion de Peau noire masques blancs : "Que surtout l'on nous comprenne. Nous sommes convaincus qu'il y aurait un grand intérêt à entrer en contact avec une littérature ou une architecture nègres du III° siècle avant Jésus-Christ. Nous serions très heureux de savoir qu'il exista une correspondance entre tel philosophe nègre et Platon. Mais nous ne voyons absolument pas ce que ce fait pourrait changer dans la situation des petits gamins de huit ans qui travaillent dans les champs de canne en Martinique ou en Guadeloupe". An-an, cette hypothèse d'une filiation intellectuelle ne peut-être validée, dès Peau noire masques blancs, Frantz Fanon annonçait clairement l'urgence d'un dépassement de la conscience indignée. Il me faut encore l'expliquer, I'm sorry for the people of Martinique, Aimé Césaire n'était pas parvenu à cette conscience raciale ou culturelle qui suppose de prendre sur soi, de défricher et de déchiffrer, tout le poids de l'histoire nègre africaine. Cette conscience raciale ou culturelle, "blackism will save the world" (Fela Anikulapo Kuti, Kalakuta Republic), même si elle évacuait, en partie, le politique, se situait un cran au dessus de la conscience révoltée, la fierté raciale, "black is beautiful" ; Frantz Fanon n'avait pas envisagé cette diversité des postures dans cette deuxième période où "le colonisé décide de se souvenir".
3 - La conscience politique.
Frantz Fanon s'était inscrit, avant l'heure, dans un paradigme actionniste, cette idée force de la philosophie existentielle, "l'homme se fait en faisant". Cette idée moderne de l'identité comme d'une construction individuelle, incessante et non d'un héritage des ancêtres ; "il ne faut pas essayer de fixer l'homme, puisque son destin est d'être lâché". Dès Peau noire masques blancs (il faut souligner le pluriel des masques) Frantz Fanon décrit une conscience qui passe par plusieurs étapes, la conscience subjuguée (celle qui entre en cacarelle devant n'importe quel clochard de type caucasien ; "zie betje brile zie nèg" dit-on dans les hauteurs essimornaises), la conscience révoltée, indignée (la conscience raciale ou culturelle, celle de Marcus Garvey ou plus tard le Malcom X de Nation of Islam, celle des rastas de Jamaïque, des Yoruba de Oyotunji Village, North Carolina, etc.) et quand elle échappe au regard du colon, la conscience déterminée ou conscience politique.
Frantz Fanon écrit dans Pour la révolution africaine : "Jusqu'en 1939, l'antillais vivait, pensait, rêvait, composait des poèmes, écrivait des romans exactement comme l'aurait fait un Blanc". C'était dire clairement que les deux premières consciences, la conscience charmée et la conscience révoltée, étaient totalement soumises au regard du colon. Cette dépendance là était insupportable pour Frantz Fanon, il fallait donc la dépasser d'où l'incontournable et cathartique contre-violence comme d'une obligation à ne jamais envisager une possibilité de retour. Frantz Fanon a écrit dans Les Damnés de la terre : "Enfin dans une troisième période, dite de combat, le colonisé va secouer le peuple...il se transforme en réveilleur de peuple". Cette formule incisive (rache-koupe) montre que l'auteur de Les Damnés de la terre, distinguait cette "troisième période", la conscience déterminée, des deux premières, la conscience enchantée et la conscience indignée. La phénoménologie fanonienne signale ici une transformation (par la praxis du combat, justement) ; de la conscience ravie à la conscience révoltée, l'auteur de Sociologie d'une révolution (le titre originel est L'an V de la révolution algérienne), n'avait noté aucune transformation, aucune "espèce" d'hommes nouveau, d'où le pluriel des masques.
Cette conscience politique, quand "l'intellectuel colonisé secoue le peuple" suppose une pleine conscience historique, un inventaire des marqueurs historiques (le 22/23 Mai 1848 ; 22/26 Septembre 1870, 20/23 Décembre 1959), un état-des-lieux (Bwa Leza, Lawviè-Pilòt, Kawbe, O-Fanswa, Chalve...) une capacité à situer la lutte pour la reconnaissance dans un espace-temps intégré, naturalisé. Il n'y avait aucune conscience historique chez Aimé Césaire, rien, ayen toubannman, pas une histoire nègre universelle dans Ilfe, Braas, Calabar ou Nupe d'avant la colonisation de l'Afrique :
"ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre gibbosité
d'autant plus bienfaisante que la terre déserte
davantage la terre"
Un angélisme déroutant qui évacuait naïvement le politique et aplatissait le réel. Cet angélisme là avait étoffé la confusion d'une décolonisation par intégration politique (la départementalisation), une revendication absurde d'égalité-assimilation pour désactiver le conflit social-racial historique d'en Martinique. An-an, il n'y a aucune filiation intellectuelle possible entre Aimé Césaire et Frantz Fanon.
En ces années 50, l'ultra-assimilationnisme était à son apogée en Guadeloupe, Guyane et Martinique. Une loi scélérate dite de départementalisation, dont Aimé Césaire fût le rapporteur, avait, quatre ans auparavant, prescrit tout principe politique dans ces deux pays. Cette conscience déterminée que Frantz Fanon avait été obligé d'aller chercher en Algérie est encore occultée par un angélisme nègre, créole. "Tous Créoles" et/ou "Tous Nègres" ("la créolité n'est jamais qu'un département de la négritude" disait A. Césaire), jamais simplement martiniquais, les héritiers directs d'Aimé Césaire avaient fait voter contre le principe d'un intérêt martiniquais, précipitant ainsi la catastrophe politique du 10 Janvier 2010. Le nègre fondamental n'avait pas prohibé la campagne du "chat an sak" de décembre 2006, je ne vois pas quel éveil de conscience politique l'aurait amené à se dresser devant les reniements de ses héritiers, en 2010.
Le livre d'André Lucrèce, Frantz Fanon et les Antilles, l'empreinte d'une pensée, ramène Frantz Fanon dans son pays natal, c'est la deuxième fois ; la pensée politique d'un Frantz Fanon lucide et déterminé, a été écrite sur les brasiers de la décolonisation, elle peut aider à comprendre l'échec de l'anticolonialisme puis de la décolonisation en Martinique, hier et aujourd'hui.
Simao moun Wanakera
André Lucrèce, Frantz Fanon et les Antilles, l'empreinte d'une pensée, Editions Le teneur - K. Editions, Fort-de-France 2011.
André Lucrèce : Sociologie de la colonisation et études psychiatriques : statuts théoriques et interactions dans l'œuvre de Frantz Fanon, in Mémorial International Frantz Fanon, Fort-de-France, 31 Mars-03 Avril1982, Présence Africaine, Paris 1984 .
.../...
Frantz Fanon : Oeuvres, Peau noire masques blancs, L'an V de la révolution algérienne Les Damnés de la terre, Pour la révolution africaine. Editions La Découverte, Paris 2011.
Les mains parallèles. L'oeil se noie. La conspiration, pièces de théâtre inédites, 1949/50.
"Peau Noire, Masques Blancs". éditions du Seuil, Paris 1952.
Introduction aux troubles de la sexualité chez les Nord-Africains (en collaboration avec les docteurs J. Azoulay et F. Sanchez), manuscrit inédit, 1954/55.
Racisme et Culture, texte d'un exposé au premier Congrès des écrivains et artistes noirs à Paris, septembre 1956.
A propos d'un plaidoyer. El Moudjahid N°12
Les intellectuels et les démocrates français devant la révolution algérienne. El Moudjahid N°1/15/30
Aux Antilles, naissance d'une nation ? El Moudjahid N°16
Le sang maghrébin ne coulera pas en vain. El Moudjahid N°18
La farce qui change de camp. El Moudjahid N°21
Décolonisation et indépendance. El Moudjahid N°22
"L'An V de la Révolution algérienne". éditions Maspero, Paris. 1959.
"Les Damnés de la Terre". éditions Maspero. Paris, 1961.
"Pour la Révolution africaine". éditions Maspero. Paris, 1964
Bibliographie très sélective :
Matthieu Renault : Frantz Fanon, de l'anticolonialisme à la critique postcoloniale, Editions Amsterdam, Paris 2011.
A. McClintock : Fanon and Gender Agency, in N.C. Gibson The continuing Dialogue, Amherst, New York, Humanity Books, 1999.
H.L Gates : Critical Fanonism, inN.C. Gibson, Rethinking Fanon: The Continuing Dialogue, Amherst, New York, Humanity Books, 1999.
A. Sekyi-Otu : Fanon's Dialectic of Experience, Cambridge-London, Harvard University Press, 1996.
L.R. Gordon: Fanon and the Crisis of Europeans Man: An Essay on Philosophy and the Human Sciences, New York-London, Routledge, 1995.
Stambouli, Friedj : "Frantz Fanon Face aux Problèmes de la Décolonisation et de la Construction Nationale". Revue de l'Institut de Sociologie 1967 (2-3) 519-534.
Duster, Troy et David Wellman : "Le Fantôme de Frantz Fanon". Actes de la Recherche en Sciences Sociales 71 72 135-136, 1988.
O'Neill John. "Le Langage et la Décolonisation : Fanon et Freire". Sociologie et Société 6(2) 53-55, 1974.

Sa nou fè
Petèt ni yonn de adan nou ki bliye jodi an se an jounen pou nou pran an titan pou nou sonje yonn an pi gwo nèg peyi nou Matnik janmen pòte.
Se an 6 desanm 1961 pa kote vil nouyòk fillavi y koupe.
Frantz Fanon te a lè tala yonn an moun ki te za fè sistèm kolonyalis lan tranble, epi de manman liv men pas I mete lanmen tou adan konba, se pa ekri epi pale sèlman, I te fè tou anpil nèg ouvè zye yo asou sitysion kolinize yo.
MI JODIJOU NOU PE PRAN AN TI ZINN TAN POU SONJE Y PAS SA KA FÈ 50 LANNE I MONTE AN GALILE. PA KITE MOUN DESIDE POU NOU, SE PA GOUVELMAN FWANSE NI ASOSYASION DOMTOMYEN TÈBÈDJÉ KI POU KOMEMORE MEMWA FANON, SE NOU CHAK GRENN MOUN MATNIK, GWADLOUP, AYITI, GWYAN, TOUT KARIBEYEN, AFRIKEN, ARAB, ZENDYEN, EWOPEYEN KI POU FÈ SA.
Chak Kòporans pou chachè, adan fè nwè lavi a, fè sa I andwa fè oben kaye.
Frantz FANON nèg Aljeri Matnik (1925-1961)
Rédigé par : D-1848 | 07 décembre 2011 à 20:15
Radio APAL (Asé Pléré Annou Lité) ni 30 lanné anlè tèt li, 6 décembre 1981
Rédigé par : APAL | 08 décembre 2011 à 08:36
Gran miting LKP o swa la jédi 8 désanm douvan bik la Lapwent a 7tèd swa, pou soutienn Marigalant péyi doubout é gran déboulé dèmen vandrèdi 9 désanm an lari Granbou a 9vèd maten, bay la vwa.
Rédigé par : LKP | 08 décembre 2011 à 14:44
«né Martiniquais et mort Algérien», voilà.
Rédigé par : Katy | 08 décembre 2011 à 20:53
Présentation du livre de Philippe Pierre-Charles
« FANON : L’HERITAGE »
Débat sur la pensée de Fanon, l’activité du militant, l’actualité de son positionnement anticolonialiste et de ses engagements.
samedi 10 décembre à 18 heures
salle de délibérations de la Région Martinique
Manifestation présidée par George Arnauld
Rédigé par : Kanmo Matinik | 09 décembre 2011 à 10:21
Parfaitement ! L'un n'a été qu'un député français, l'autre a fait la révolution.
Rédigé par : Karl P. | 12 décembre 2011 à 15:43
Fanon pa té ka fè lafèt. I té pli djok pasé Aimé Césaire.
Rédigé par : Polo-1848 | 13 décembre 2011 à 05:42
Henri Bernard, ancien professeur de philosophie, ancien militant du MPGI (Mouvement Pour une Guadeloupe Indépendante) est mort le 12 décembre. Selon la volonté du défunt, la plus grande discrétion est réclamée autour de cet évènement.
Poème d'Henri Bernard
"Yo lévé masonn
Yo trése griyaj
Yo pété baro
A pa lajol a yo
A pa hak yo pé fè
Ki ké baré chimen
A nèg mawon Gwadloup
Dèmen ka vinn, zanfan,
Nou santi balan ay
I tini fos a dinité
I ka kléré kon libèté"
Henry Bernard
Rédigé par : R.M Gwadada | 14 décembre 2011 à 10:12
Je ne le savais pas aussi productif.
Rédigé par : Zig | 15 décembre 2011 à 16:48
"C'est d'abord le combat pour l'existence nationale qui débloque la culture..." cette affirmation de Frantz Fanon fait toute la différence avec Aimé Césaire.
Rédigé par : N'Mat | 15 décembre 2011 à 17:06
Frantz Fanon sé té an brital nonm, pa ni dé konsa Matinik
Rédigé par : Al. 59 | 15 décembre 2011 à 17:17
Aimé Césaire sé papa nou tout. Pa rété la.
Rédigé par : A.C.XL | 15 décembre 2011 à 17:27
LES EVENEMENTS DE DESANM 1959
HOMMAGE A FRANTZ FANON ET A L’OJAM
MARDI 20 DÉCEMBRE 2011
17 h – Rassemblement devant l’hôtel La Fayette (à la Savane) pour une marche aux flambeaux accompagnée par Tanbou Bokannal
19 h – Place des Cascades (devant EDF), manifestation culturelle avec la participation de PAPA SLAM, de l’AM4, du groupe BELENOU et de KANIGWE.
SOYONS NOMBREUX
CNCP MIM MODEMAS PALIMA
Rédigé par : Kanmo Matinik | 16 décembre 2011 à 18:05
"Mais nous ne voyons absolument pas ce que ce fait pourrait changer dans la situation des petits gamins de huit ans qui travaillent dans les champs de canne en Martinique ou en Guadeloupe"...
Tout est dit..
Rédigé par : patrick perro | 17 décembre 2011 à 08:40
trop radical, ce Frantz Fanon là
Rédigé par : Monika | 06 janvier 2012 à 14:11
Hommage à Vincent Placoly
Mardi 24 janvier 2012
à partir de 19 h
intervenants : Danielle Marceline, Suzanne Dracius, Gilbert Pago, Malik Duranty, Arlette Pacquit, Livio Duverger, Patrick Mathélié-Guinlet, Axel Artheron, Jocelyn Régina, Jocelyn Abatucci, Marie-Line Ampigny, José Alpha, Jean-Georges Chali, Edwy Plenel
Rédigé par : Kanmo Matnik | 22 janvier 2012 à 13:58
FANM-DOUBOUT AN PEYI HURLE
De Ghislaine Fournillon
Bibliothèque municipale
de Schœlcher (Espace Osenat) vendredi 10 février à 19h00
Rédigé par : Kanmo Matnik | 09 février 2012 à 14:43
Ni an boug ki fè an liv ek ka ekri kè Frantz Fanon sé té téoricien sé téoris la....
Rédigé par : P.97-2 | 13 mars 2012 à 10:32
L’écrivain et romancier haïtien, Lyonel Trouillot, a remporté le prix du salon du livre de Genève pour son roman "La belle amour humaine", paru en août 2011 aux éditions Actes Sud
Rédigé par : J. Ayiti-1804 | 27 avril 2012 à 14:53