Fantefrak bougann lan

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Quand la langue bafouille

 

Kayimit_chrysophyllum_cainito Une des ruelles de La Trinité a été rebaptisée "chemin des caillemites". La langue française n’écrit pas systématiquement caïmite, (chrysophyllum caimito, de la famille des sapotacées, redoutable antidiabétique et anti-inflammatoire de la pharmacopée amérindienne et caribéenne) ; le parler français des Antilles quand à lui  hésite entre kaymit et kayimit de la langue martiniquaise.

 

Dsc00923 La surprenante graphie trinitéenne, sans doute une des nombreuses "fantaisies" du cacique local, trahit une méso-langue grotesque qui déconstruit, chaque jour, un système de communication original arraché à la violence de la formation esclavagiste américaine de Martinique. Hors Sainte-Anne et Rivière-Pilote, dans toutes les villes de Martinique, l’édilité a renommé tous les quartiers en chemins et a, soigneusement, réservé des noms d’écrivains et hommes politiques français, ces grands humanistes contestataires d’esclavages et de colonialismes, aux rues du centre-ville. Enlisée dans les affres d’une diglossie obligée, la Martinique tropicalise ses lieux-dits pour conjurer les vieux démons d’un assimilationnisme et d’un manque de courage politique qui, chaque jour, enfoncent le pays dans une anarchie coloniale intégrée. Dans les centres-villes, là où les délinquants prennent le pouvoir dès 18 heures, aucun écrivain (ou artiste) martiniquais n’habite les rues. G. Cabort-Masson, S. Césaire, M. Cultier, F. Fanon, L. Gabriel, G. Gratient, M. Manville, R. Ménil, E. Mona, C. Nardal, X. Orville, V. Placoly, A. Stellio, Ti Emile, et tous ces hommes et femmes qui ont donné une/des histoire(s) à ce pays, C. Bissette, D. Bolivard, F. Fabulé, J. Kina, E. Lacaille, Pory-Papy, Monsieur L. Telgard, Madame L. Sophie, A. Villard, et tous ces écrivains artistes et hommes politiques caribéens et américains qui ont participé à l’identité de ce continent, L. Armstrong, Anacaona, Atahualpa, S. Bolivar, Boukman, M. Davis, J.J Dessalines, E. Che Guevarra, N. Guillén, W. Lam, E. Manley, J. Marti, J. Roumain, A. Trubman, E. Williams, Yupanquí, Zumbi de Palmarès, et d’autres ; tous ont déserté les rues de Martinique.

La ville du François, sud-Atlantique du pays, accole une traduction créole ingrate, et tellement inutile, à la dénomination française des lieux-dits, "bois-soldat, bwa-solda" ; "pointe-savane, pwent-savann" ; "chemin des pois doux, chimen pwa-dou". Traduttore, traditore atteste un vieil aphorisme italien, chemin faisant dans les routes de ce paradis où la voiture supplante l’être humain, tous les chemins de Martinique mènent au même suicide politico-culturel. 

Qu’est-ce qui fait que les locuteurs de la communauté martiniquaise choisissent une méso-langue pathétique (un entre-deux langues) en lieu et place de la langue naturelle ? Quelles logiques politiques ont permis ce mal-être politique et culturel où seul l’instant, l’immédiat, est de raison ? Quelle domination politique réussie a façonné ce système de dévalorisation systématique de soi, de la langue et de la culture martiniquaise, cette incapacité à se projeter ?

Comme partout dans le monde, le culturel s’est effondré en Martinique donnant davantage d’espace, d’hégémonie à la domination politique et démultipliant la délinquance qui, dorénavant se pose en acte de résistance, en fait de neg-mawon, en manière de rébellion/évasion.  La domination politique a ainsi vidé le pays de toute culture et c’est sur la langue martiniquaise qui facilite la circulation des valeurs martiniquaises, que l’anarchie coloniale intégrée a porté tout l’effort de dénaturation et de dévitalisation. La méso-langue (en fait il s’agit du premier niveau d’intégration de la langue française) qui circule en Martinique,  ne projette pas, elle permet juste de tourner en rond, en attendant la fin programmée du pays-Martinique. 

I – Le français régional, une langue démesurément simplifiée.

J’avais noté ailleurs cette obstination des grands-mères et des mères, à communiquer systématiquement en français régional avec leurs filles ou petites filles, même quand elles ne maîtrisaient pas la langue du poète A. Césaire. Même quand la syntaxe était correcte, cette "langue pratique" ne transmettait rien en dehors de quelques lieux communs et inepties sans saveur, ni poésie. Sans weltanschauung ni we-feeling, cette langue bricolée, qui asséchait les conversations, était bien incapable d’envisager le futur, ou d’apaiser le passé. C’est d’une régression qu’il s’agit ; cette méso-langue (les créolistes diraient "mésolecte" mais puisque nous autres caribéanistes ne sommes pas du tout dans le paradigme de la diglossie) qui ne maîtrise pas l’espace-temps caribéen accélère la perte des savoirs caribéens. Elle rétrécit, chaque jour, cet espace-temps caribéen-monde. Une marakoudja (passiflora edulis) qui n’est plus qu’un étrange fruit de la passion n’a aucune utilité culturelle marginale. Dans les savoirs caribéens de Wanakera, le fruit marakoudja (o maracuía) entre dans la préparation de remèdes qui permettent de faire baisser la tension artérielle, de régulariser la circulation sanguine et d’éviter les complications vasculaires, etc. Soupçonnée à tort d’attirer les serpents, dans les années 70, cette liane ornementale disparut du voisinage des habitations. Langue de l’instant, le français régional ne pourrait nous raconter cette histoire là, tout juste un jus acidulé importé de quelques pays voisins d’Amérique Latine, mis en bouteille et industriellement adouci, en Martinique. C’est que dans cette langue de l’immédiat, tous les locuteurs ont le même statut, il n’y a pas de hiérarchie ici, il n’y a donc pas une langue savante qui recadrerait posément la langue profane, les langages du quotidien, les parlers inutiles, etc. La langue savante c’est le français d’En-France (le colonisé 97-2 dirait, la langue de la métropole) qui, administrative ou populaire du 93, reste lointaine et difficile à prévoir.   

Cette langue donnée en vrac, langue d’en-pleine-conversation, qui n’arrive pas à distinguer la langue savante de la langue profane n’a démarqué aucun sous-groupe  de communication, aucun langage ; le langage des enfants dans leur jeu vidéo (à défaut d’un tek-mab ou d’un zwel-sere) est aussi le langage des adultes dans leur travail quotidien d’éducation ; le langage du dehors (Anba-koko-a) est également le langage du dedans, autour de la table dans la convivialité du dimanche midi. Les tikin tikin do bol p-p-m circulent aussi librement dans l’intimité de la chambre à coucher, dans la sérénité du collège ou dans le silence de l’étude du lycée ou de la fac que dans la rue E. Zola où les volpòn et manawa de Foyal font commerce de romances éphémères. Sans cette prime différenciation, sans cette hiérarchie, une langue enfermerait dans un délire verbal là où le sens reste toujours superficiel et instable et dans une violence péléenne de rue sans trottoir.

Ce français régional s’est enfin imposé comme an "bagay neg /on biten a neg", et a renforcé le délire identitaire racial, détournant une grande partie des jeunes martiniquais de la conscience politique et ouvrant grandes (ça n’est pas un raccourci sociologiste) les portes de la délinquance. C’est que la langue martiniquaise naturelle avait pu faire face aux prétentions hégémoniques de la langue française pendant ces trois dernières décennies où la conscience politique était au plus haut d’elle-même et, contenir (parce qu’elle projetait la totalité martiniquaise dans un devenir monde) la violence coloniale quotidienne mais également, la violence intra-communautaire.  Mais des changements démographiques notables, l’explosion de la communication de masse (ces radios où l’on crie les messages publicitaires, boum boum boum, C C C)  et l’avènement des médias électroniques ; la faiblesse de l’écriture/lecture martiniquaise et l’hédonisme et/ou le consumérisme incommensurables qui accourent (ont cours) chez les "zoukeurs" cinquantenaires et sexagénaires ; ont donné du volume au français régional qui dans un contexte de domination politique a vite épuisé l’essentiel de la vision du monde, weltanschauung et du we-feeling que la langue martiniquaise avait dégagé au fil du réel caribéen de Martinique.

II – Une dichotomie impossible, langage du dehors/langage du dedans.

Le langage du dehors jongle, à l’envi, avec tous les parlers-monde disponibles. Ce langage du dehors qui se frotte de facto à tous les parlers, langues et langages de la région et/ou du continent, lang ayisien an, el español de Cuba o de Borinquen, o brasileiro, di english of Jamaïca, the ebonics or African American English, el inglenõl de Borinquen, el languaje del son montuno, langay abakwa, the spanglish, et beaucoup d’autres, participe dans la langue naturelle à la construction d’une identité régionale ou continentale ponctuelle. Dans un monde ouvert, c’est cette identité régionale (ou continentale) qui donne pleine mesure à la conscience politique. Toutefois, le français régional, langue du dehors, désactive la conscience politique. C’est que cette méso-langue qui compose avec les créolismes habituels (franse-bannann) et/ou avec le créole francisé (kreyol dòmi-dewò) n’a qu’une référence, le français d’En-France magnifié. Cette langue du dehors est hors du temps et de l’espace et ne peut que précipiter dans la folie (an-mitan-tèt) ou la déviance.

La langue du dedans est toute souriante aux parlers et langages continentaux qu’elle acclimate systématiquement avant de les fréquenter. Cette langue du dedans qui prend son temps travaille à la modernité de la conscience caribéenne en Martinique, la repositionnant continuellement en tant qu’elle est une  conscience politique, et travaille à "dé-racialiser" les relations sociales. La langue du dedans qui sous-tend l’individuation suppose une langue écrite. Si le français d’En-France peut-être par défaut la langue du dedans, ici même en Martinique (Internet, la télévision, la radio où l’on crie la publicité et même les avis d’obsèques, "actuellement en métropole" ), le français régional est intrinsèquement une langue du dehors même s’il s’aventure furtivement dans l’intimité des chambres à coucher ou dans la convivialité toute dominicale des déjeuners en famille.

-          Monsieur, monsieur, voulez-vous des cawpres (carpes) ?

-          Man pa’a man’e pweson lawviè, man pa’a fout man’e lapia.

-          Mais non des carpres, enfin des capres, des kap quoi, c’est des poisons de mer, oui.

En langue française, une carpe est un poisson d’eau douce d’Asie et d’Europe. En langue de Martinique, dans la langue caribéenne de Wanakera, les kap  ou parotje (poissons perroquets en français, pòke/peroke/chat en Gwadloup, parrotfish pour anglophones, loro o guacamaya pour hispanophones) de la famille des scaridae représentent une diversité de formes et de couleurs (djòkò, gwo-vant, kap-ble, kap-jòn, kap-lay, kap-bouden-wouj, kap-latje-jòn, kap-tèt-larim, kap-fal-wouj, wachalou, epi epi) qui mangent les algues sur les palétuviers et le corail… "Oursin rôti"  ne raconte rien en français, "tet chadron woti" est une saveur native, une plongée tartanaise, à 25 Euros quand même. En un mot, le français régional s’est imposé comme un dépassement de la langue créole sans cesse re-territorialisé qui tardait à passer le cap de l’écriture/lecture de masse, donnant ainsi l’illusion d’une conscience politique. Ce parler là ne projette pas, il n’engendre pas de futur, il fait du surplace et égare la conscience politique dans les ruelles euro-négro-créoles d’une idéologie coloriste éculée (noirisme, négritude, blackisme, métissage, FBEC, beketterie, tous créoles…) et tellement franco-centrée.

Dsc01029 Au quotidien, le discours pratique, en français régional, n’accroche personne ; voici quelques années que les "autorités sanitaires" font campagne de prévention de la dengue, et les vieux pneus, les vieilles voitures, les eaux de pluies recueillies dans des fûts, les décharges à ciel ouvert, font légion. La quasi totalité de la population n’a pas assimilé la culture des risques majeurs ; les voitures occupent bruyamment les trottoirs et les rares voies d’accès pompiers ; la savane des pétrifications labourée par une délinquance écocide en 4X4. Les ordures ménagères grimpent dans les arbres. Quand au discours sur la santé, c’est la catastrophe et dans les hyper et supermarchés, le "diablement sucré" a supplanté le "sans sucre ajouté". Cette culture des risques majeurs échappe à toute langue allochtone. Elle ne peut être efficace et fonctionnelle que dans la langue autochtone parce que la raison et le calme en sont la condition sine qua non. Le français régional, prononcé ou entendu, infantilise, il rend confus tout discours de la responsabilité. Or la modernité suppose une responsabilité individuelle, une vitalité de la dichotomie langue parlée/langue écrite, langage du dehors/langage du dedans ; Ti-Aton peut ainsi réussir sa vie malgré un effondrement annoncé de sa communauté politique et culturelle. 

III – En l’absence d’un espace politique autochtone, l’identité passe essentiellement par la langue naturelle.

Toute identité est intrinsèquement plurielle et relationnelle ; même quand les boutiquiers d’un nationalisme archaïque et/ou des politiques publiques désuets et xénophobes en exaltent la singularité et la "pureté". C’est que la langue naturelle moderne (la langue martiniquaise ici) qui est au principe de la circulation des identités, ne survivrait pas en l’absence de dichotomies (langue parlée/langue écrite, langage d’intimité/langage de publicité, langage des gens des mornes/langage de la gente des ville, langage d’an-tjou-man-deviran) fonctionnelles et arcboutées sur une conscience régionale ou continentale (la conscience caribéenne/américaine, ici) et de langages multiples qui se complètent et s’opposent dans une hiérarchie intégrée. Cette langue là, en tant qu’elle est "un système de signes verbaux propres à une communauté d’individus qui l’utiliseraient pour s’exprimer et exprimer le monde et communiquer entre eux", lie/lit et relit/relie. Elle lit de façon permanente les dichotomies notées plus haut et relit ponctuellement la hiérarchie des langages. Elle lie les différents "ordres nationaux" et relie la communauté disons "nationale" avec les communautés régionales-continentales ou même les communautés-monde. Pour la langue martiniquaise qui traîne dans une créolité haletante, le langage des pêcheurs par exemple est presqu’illisible, elle relit (toute relecture est critique) péniblement la hiérarchie des langages du pays parce que le français régional a contaminé tous les langages, elle lie (mare ansanm) maladroitement toutes ces petites communautés entre elles et donc elle relie difficilement la communauté martiniquaise à son entour caribéen et américain et jusqu’à ces communautés exilées outre-mer, en Europe quoi. Toute relecture et toute relation projettent en composant/décomposant une identité.

Le français régional ne relit pas, il ne lit pas d’ailleurs ; il n’initie aucune relation puisqu’il est directement alimenté par le français d’En-France. Il gobe, ababa djol-koule ek flòbop. Il répète à l’infini le chaos linguistique originel en Martinique, repoussant sine die l’avènement d’un bilinguisme manifeste qui eut permis, enfin, une rationalité politique dans ce pays, une réintégration de l’histoire.

Dans le chaos linguistique originel en Martinique, les parlers amérindiens (nitaïno, kalina) ; les parlers africains (akan, haoussa, ibo, yorouba, pour l’essentiel), et les parlers disons franciens (Normand, breton, occitan, etc.) ont pu, langues du dedans irriguer un parler créole (langue du dehors) que les enfants de la deuxième génération d’africains avaient créé à partir des nombreux pidgins (langues du dehors) expérimentés dans chaque plantation. Ces "langues du dedans" ne pouvaient en aucun cas corriger ce parler-créole qui est vite devenu une métalangage, dedans et dehors, et a pu en une génération ordonner (voire contrôler) le chaos linguistique en cours en désintégrant/réintégrant tous les parlers  qui avaient cours sur ce territoire. Cette primo-langue créole a pu lire et relire (donc projeter) toute la hiérarchie des langues, reproduisant au passage la domination esclavagiste. Elle a également lié ces communautés africaines, ces communautés européennes mais n’a relié personne, l’habitation esclavagiste étant un clos démoniaque.

Quand le monde fut ouvert, quand il gagna en complexité, cette langue créole se chargea en signifiants/signifiés, dépassant la race et la plantation esclavagiste, elle initia une relation au monde caribéen et américain, fondant définitivement sa place de langue martiniquaise. Dépassant la vieille oralité et projetant au loin dans le monde, la nouvelle langue martiniquaise façonne une culture originale, centrée, caribéenne qui apaise l’histoire et projette dans le devenir monde.

Et dans cette Martinique où les centres-villes se meurent mais où l’on prend langue résolument, le paysage, toujours, vous enivre d’une raison sure.  Il invite à refaire la culture, à gagner sur la cacophonie des bouffons du zouk/compas-direct et les boutiquiers de l’import. Il appelle la langue naturelle à relier encore, en sorte que la terre demeure.

                                        Simao moun Wanakera

 

 

Commentaires

jerole

Un jour, pas si lointain, où je cherchais du travail, une pancarte à la devanture d'un magasin attire mon regard :"Cherche vendeur".
Je m'y présente immédiatement et après un court entretient que je peux relater ici :
-" Bonjour, je viens pour l'annonce. "
-" Aaah! Vous parlez créole ? "
-" non."
-" Ah désolé ça va pas être possible. "
Maintenant , je me dis que j'aurais dû dire :-" non ,je ne parle plus créole ".

Francette

Si on supprimait le français régional, quelle langue on va parler hein ? Le français de Paris et sa banlieue peut-être ? Cette vieille langue froide et trop aristocrate sans chaleur. Plus personne ne parle ton créole à part nos amis karibéen de passage ou en séjour. Tu semble encenser le spanglish et l'inglenol et tu rejettes notre français régional, fiche que tu es peu dire hein !

Katrin-pitjan

Qui c'est qui engage les poursuites et quel type de poursuites. Poursuites au sens où le député-maire leurs court après (une course-poursuite dans la ville) ou une poursuite judiciaire au cas où le député-maire détiendrait les clefs de la prison. Il fallait une référence au code pénal, au code de l'urbanisme, au droit coutumier martiniquais, au code du littoral, etc. Et puis ça ferait plus démocratique si c'était signé par le conseil municipal à moins que le maire est le conseil municipal à lui tout seul. Au fait c'est qui le député-maire, donnes nous un nom. C'est pas Chaben il n'est pas maire depuis qu'il est député confirmé, c'est pas le député UMP non plus il a été sanctionné sans retour lors des dernières municipales. A moins que la photo date d'avant les élections ou bien le nouveau maire ait oublié de corriger. C'est lequel des deux députés-maires restants ?

Zarathoustra

C'est quoi cà "une anarchie coloniale intégrée" parce que l'ordre est à la base même de toute colonisation, de tout système colonial.

Makso K.

Fout ou rèd boug : weltanschauung, we-feeling, ebonics, el inglenõl de Borinquen, langay abakwa, the spanglish... épi méso-langue, métalangue, mésolecte, ou ka pété klé'w, koté nou ka alé èk tousa !

Manuela

Vous écrivez "ce sont les enfants de la deuxième génération d'africains qui ont créé la langue crole". Comment expliquez vous la faible présence de mots africains dans le créole haïtien, guadeloupéen, guyanais et martiniquais alors qu'il y a autant de mot français ?

Keisha

Hi brada ! You will not give up the fight. Stand firm !

Simao moun Wanakera

ye Manuela !
Je pense avoir validé cette hypothèse dans l'article "an lang leve anba seren".
http://natifnatal-wanakera-karib.typepad.com/natifnatalwanakerakarib/2006/11/an_lang_leve_an.html
Si vous lisez la langue caribéenne de Wanakera (ou langue martiniquaise) vous comprendrez que la deuxième génération devait avoir pour langue un pidgin afro-francien, langue du dehors et du travail (et parfois du dedans), une langue africaine et sans doute un ou deux dialectes africains (la langue yorouba reconnait une vingtaine de dialecte et les 6 langues akan traînent une quarantaine de parlers, par exemple). Compte tenu de la domination (surtout la domination raciale) ce pidgin devait être trés instable et aucune règle ne venait recentrer les écarts des enfants. La mortalité des débarqués étant très forte (80 % dans les 2 premières années) aucune langue africaine n'a pu rafraîchir durablement cette prime langue créole. C'est cette absence de rafraîchissement ajoutée à la domination (politique, culturelle, raciale) qui explique la prééminence des mots franciens dans les langues haïtiennes, guadeloupéennes, guyanaises et martiniquaises. mais il y a dans ces langues des mots d'origine africaine, amérindienne, euro-asiatiques, voir http://natifnatal-wanakera-karib.typepad.com/langnatifnatalkarayib/blog_index.html

Marlène

Oui mais Simao moun Wanakera, dans tout les pays où il y a un bilinguisme, les gens créent automatiquement une méso-langue comme tu dis. Une seule langue ne peut pas exprimer tout le réel surtout la langue qui domine, la langue de l'administration ne peut pas être la langue de l'émotion.

Makso

Yélay ! lapèch chadron rété wouvè an jou ou ja rivé tann tousa "oursin rôti" pou 25 éro.

Willy

Wi frè a fouté fè !

Le philosophe de Gosier

Passant par là. Peu importe que les langues bafouillent, à partir du moment où elles se délient.

Man moun Trinité

Il est où ce "chemin des caillemites" ? "Tou patou sé lè même chiminre" disait un maître rhum d'ici.

Gilbert

Ou ka fè lafet boug, lang kréyol la pa fet adan an sel jénérasion. Pa ni pies lang asou latè ki fet adan an sel jénérasion.

Mèt Sokan

Fout ou konparézon frè a, ou pa lé nou palé fransé ti-nèg nou, nou pa parizien, ou ka wè.

RNDP

lang la pa ka "bafouiller" lang la ka bégéyé se pousa yo ka di "bégéyé pèd".

Ras Michel Gwadada

Fransé a-w la ka monté mòn timal. An manké pèd lang an mwen. Pèp an nou ka vwayajé an tèt a-y. Nou pé pa fè p'on biten pou baré sa.

Certified Creole

S’INCRIRE EN LICENCE DE CREOLE APRES LE BAC

Il existe depuis une bonne douzaine d’années déjà, une licence de créole à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’UAG (Université des Antilles et de la Guyane), sur le campus de Schoelcher en Martinique. Cette licence se déroule sur 3 années exactement comme les licences d’anglais, de mathématiques, de géographie ou de droit, ce qui signifie que tout bachelier peut s’y inscrire dès la première année. Cette licence n’est pas une licence « tout-créole » puisqu’à côté des cours consacrés à la graphie du créole, à la syntaxe du créole et à la littérature créole, elle comporte également des cours d’anthropologie, d’histoire, d’informatique etc. Mieux : elle est aussi bivalente car la moitié des cours doivent être pris dans une autre discipline (anglais, espagnol, histoire etc.). C’est que le CAPES de créole, qui est l’un des débouchés de cette licence et du Master de créole (deux années), est l’un des rares CAPES bivalents. Ce concours de recrutement des professeurs du secondaire fait que les lauréats enseigneront 9h de créole et 9h dans une autre discipline, le service d’un enseignant du secondaire étant de 18h par semaine. A côté du CAPES de créole existe aussi un concours de recrutement de professeur des écoles-Option créole (dit « PE-option créole ») lesquels enseigneront quelques heures de créole dans les écoles primaires. D’autre part, la licence ou le master de créole permettant de présenter tous les concours administratifs pour lesquels soit une licence soit un master sont exigés : conseiller d’éducation, inspecteur des impôts, inspecteur de la Sécurité sociale etc. Enfin, pour les étudiants qui souhaitent faire de la recherche, la licence de créole mène au Master de créole, puis au Doctorat de créole, diplôme ouvrant la voix à des carrières universitaires ou dans les domaines de la culture, des médias ou des NTIC.

Kanmo.Matinik

Bonjou tout moun,

Es zot pé difizé lien-tala ba tout zanmi-zot ki Matinik ki Gwadloup ki Guiyàn. Sé pou fè étidian enskri adan Lisans kréyol la.

http://www.montraykreyol.org/spip.php?article5573

Mèsi anpil.

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